Manifestations scolaires en Europe : après la France, la Belgique connaît à son tour une importante mobilisation des lycéens

En France, le mouvement de protestation a commencé le 21 septembre 2026, notamment au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en région parisienne. Les élèves mobilisés dénoncent le manque de personnel enseignant, les classes surchargées, les difficultés liées aux infrastructures scolaires et la dégradation de leurs conditions d’apprentissage.
La contestation s’est progressivement étendue à plusieurs grandes villes françaises, notamment Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nice, Bordeaux et Rennes. Des blocages d’établissements et des rassemblements ont été organisés pour réclamer davantage de moyens dans l’éducation nationale.
Le 29 septembre, plusieurs centaines d’actions étaient recensées dans les établissements scolaires français. Le mouvement s’est poursuivi au début du mois d’octobre, avec une mobilisation nationale le 6 octobre réunissant des lycéens, des étudiants et des organisations syndicales.
En Belgique, la contestation s’est développée dans un contexte différent, marqué par les réformes engagées dans l’enseignement francophone. Les élèves dénoncent notamment les conséquences possibles des mesures d’économie sur la qualité de l’enseignement, les conditions de travail des professeurs et leur propre avenir scolaire.
L’une des principales mesures contestées concerne l’augmentation du nombre d’heures de cours imposées à certains enseignants du secondaire. Depuis la rentrée scolaire, les professeurs des trois dernières années de l’enseignement secondaire doivent assurer 22 heures de cours par semaine, contre 20 auparavant.
Les opposants à cette réforme estiment que cette augmentation alourdit la charge de travail des enseignants, particulièrement dans les classes accueillant un grand nombre d’élèves. Ils craignent également que cette situation réduise le temps consacré à la préparation des cours, aux corrections et à l’accompagnement pédagogique.
La ville de Liège est devenue l’un des principaux foyers de la mobilisation belge. Le 5 octobre, environ un millier de manifestants se sont rassemblés dans différents secteurs de la ville, selon les informations communiquées par la police locale.
La journée a été marquée par des affrontements, des dégradations de mobilier urbain et plusieurs incendies de poubelles. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser certains groupes. Les autorités ont également signalé plusieurs dizaines d’interpellations et 18 policiers légèrement blessés.
La mobilisation s’est poursuivie les jours suivants, notamment le 7 octobre, lorsque de nouveaux rassemblements ont été organisés à Liège. Face aux troubles, les autorités locales ont annoncé des restrictions temporaires concernant les rassemblements dans certains espaces publics.
Le mouvement a également gagné Mons, Charleroi et Bruxelles, où plusieurs établissements scolaires ont connu des blocages et des piquets de protestation.
Dans la capitale belge, des élèves ont notamment bloqué l’accès à l’Athénée Charles Janssens, à Ixelles, pour dénoncer les mesures touchant l’enseignement francophone. D’autres établissements ont été concernés par des actions organisées avec la participation ou le soutien de membres du personnel enseignant.
Les revendications belges ne se limitent pas à l’organisation du travail des professeurs. Les manifestants expriment également leurs préoccupations concernant le financement des établissements, l’accompagnement des élèves en difficulté et l’augmentation de certains frais liés aux études.
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été directement interpellé. Des représentants des élèves et des étudiants ont été reçus dans le cadre de discussions sur les revendications du mouvement et les tensions survenues lors des manifestations.
Plusieurs organisations syndicales de l’enseignement ont exprimé leur soutien au droit des jeunes de manifester, tout en condamnant les violences contre les personnes et les biens.
En France, la gestion policière de certains blocages a également suscité des critiques. Amnesty International a dénoncé ce qu’elle considère comme un usage disproportionné de la force dans certaines interventions impliquant des manifestants mineurs. L’organisation a appelé au respect du droit de manifester et à la désescalade.
Malgré leurs similitudes, les mouvements français et belge ne reposent pas exactement sur les mêmes revendications.
En France, les lycéens réclament principalement une amélioration des conditions d’apprentissage, davantage d’enseignants et des moyens supplémentaires pour les établissements.
En Belgique francophone, la contestation vise plus directement les réformes de l’enseignement, les mesures d’économie et leurs conséquences sur les élèves comme sur le personnel éducatif.
Les deux mobilisations traduisent néanmoins une préoccupation commune : la crainte d’une dégradation de la qualité de l’éducation et des perspectives offertes aux jeunes générations.
L’ampleur de ces manifestations montre que les questions scolaires ne concernent plus uniquement les enseignants et les administrations. Les élèves prennent désormais une place importante dans le débat public, en exprimant directement leurs attentes à l’égard des autorités.
Si les mouvements demeurent distincts et répondent à des situations nationales différentes, leur développement presque simultané en France et en Belgique souligne la place grandissante des enjeux éducatifs dans les tensions sociales européennes.
Au 12 octobre 2026, la mobilisation belge apparaît ainsi comme l’un des prolongements les plus visibles de la vague de contestation lycéenne observée en France, sans qu’il s’agisse pour autant d’un mouvement unique organisé à l’échelle européenne.
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