Guerre en Ukraine : Trump furieux contre Zelensky, Washington exige l’arrêt des frappes sur les raffineries russes

WASHINGTON/KYIV/BRUXELLES, 12 octobre 2026 — Les relations entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky traversent une nouvelle période de fortes tensions. Selon plusieurs révélations du média américain Axios, le président des États-Unis reproche à son homologue ukrainien de poursuivre les attaques contre les raffineries pétrolières russes malgré les demandes répétées de Washington. Cette crise diplomatique intervient après l’accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur les exportations de diesel russe, une décision vivement critiquée par Kyiv et plusieurs gouvernements européens.
Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.
Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.

Le président américain serait particulièrement irrité par l’attitude de Volodymyr Zelensky, qu’il accuse de ne pas tenir suffisamment compte des intérêts économiques des États-Unis.

Dans un article publié le 11 octobre, Axios rapporte les propos d’un responsable de la Maison-Blanche selon lequel Donald Trump considère que le président ukrainien tient le soutien américain pour acquis.

Cette déclaration intervient dans un contexte de désaccord croissant entre Washington et Kyiv sur la stratégie militaire ukrainienne contre les infrastructures énergétiques russes.

Depuis plusieurs mois, les forces ukrainiennes multiplient les attaques de drones contre les raffineries et les installations pétrolières situées en Russie. Ces opérations visent notamment à réduire les capacités de production et les revenus énergétiques de Moscou, qui contribuent au financement de son effort de guerre.

Selon Axios, l'administration américaine aurait demandé à plusieurs reprises à Kyiv de suspendre ces frappes, estimant qu'elles aggravent les tensions sur le marché international des carburants.

Washington considère notamment que les perturbations de l'approvisionnement en produits pétroliers russes contribuent à la hausse des prix du diesel, qui affecte les consommateurs américains, les transporteurs et les agriculteurs.

Toutefois, les difficultés du marché énergétique mondial ne peuvent pas être attribuées uniquement aux opérations ukrainiennes. Les perturbations de la production et du transport du pétrole au Moyen-Orient, notamment dans le contexte du conflit impliquant l'Iran, exercent également une pression importante sur les prix.

Le désaccord s'est accentué le 9 octobre, lorsque Donald Trump a annoncé avoir conclu une entente avec Vladimir Poutine afin de permettre l'augmentation des exportations de diesel russe vers les marchés américain et international.

L'accord prévoit une première livraison de plus de 300 000 tonnes de diesel, suivie de volumes supplémentaires au cours des prochains mois.

Pour faciliter ces opérations, le département américain du Trésor a annoncé un assouplissement temporaire de certaines sanctions visant les transactions liées au diesel russe.

L'administration Trump présente cette décision comme une mesure destinée à accroître l'offre de carburant et à réduire les prix.

Mais pour le gouvernement ukrainien, cette initiative risque de procurer de nouvelles recettes à Moscou alors que les forces russes poursuivent leurs opérations militaires contre l'Ukraine.

Dans une entrevue accordée à Axios le 9 octobre, Volodymyr Zelensky a critiqué l'accord américain, qu'il juge injuste et susceptible de renforcer la position du Kremlin.

Le président ukrainien a néanmoins indiqué être disposé à suspendre les frappes contre les raffineries russes si Moscou acceptait, en contrepartie, de mettre fin à ses attaques contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Cette proposition met en évidence une divergence fondamentale entre les deux gouvernements.

Washington souhaite obtenir rapidement une réduction des attaques contre les installations pétrolières russes, tandis que Kyiv réclame un engagement réciproque protégeant également son réseau énergétique.

La crise a pris une dimension politique supplémentaire le 10 octobre.

S'adressant aux journalistes, Donald Trump a publiquement suggéré que l'Ukraine devrait se choisir un nouveau dirigeant capable de conclure un accord avec la Russie.

Le président américain a reproché à Zelensky de ne pas avoir saisi, selon lui, les occasions de mettre fin à la guerre.

Ces déclarations ont provoqué de nouvelles réactions en Ukraine, où le choix du président relève des institutions et des citoyens ukrainiens.

Le gouvernement ukrainien continue de défendre la nécessité de garanties de sécurité crédibles avant toute conclusion d'un accord de paix durable.

Le 11 octobre, Donald Trump a également annoncé ce qu'il a présenté comme un cessez-le-feu énergétique entre la Russie et l'Ukraine.

Cependant, cette annonce n'a pas immédiatement été confirmée par les deux parties.

Volodymyr Zelensky a indiqué ne pas avoir été informé au préalable de la conclusion d'un tel accord, tout en se déclarant disposé à accepter une cessation réciproque des attaques contre les infrastructures énergétiques.

De son côté, Moscou n'avait pas confirmé avoir accepté l'ensemble des conditions annoncées par Washington.

Des frappes russes contre des installations énergétiques ukrainiennes ont par ailleurs continué d'être signalées après l'annonce américaine, soulevant des interrogations sur la portée réelle de cette initiative.

Les tensions concernent également la poursuite de l'aide militaire américaine.

Selon Axios, des responsables ukrainiens affirment que les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont évoqué, lors de discussions à Miami, la possibilité d'une suspension du partage de renseignements si Kyiv persistait à ignorer les demandes de Washington.

Un responsable américain a toutefois contesté cette version, affirmant qu'aucune menace de suspension n'avait été formulée.

Ces déclarations contradictoires illustrent la fragilité du dialogue entre les deux pays, alors que les États-Unis jouent toujours un rôle central dans les discussions diplomatiques concernant l'avenir du conflit.

En Europe, plusieurs responsables politiques ont réaffirmé leur soutien à l'Ukraine et leur opposition à un assouplissement des sanctions qui ne serait pas accompagné de concessions concrètes de Moscou.

La controverse relance également le débat sur les négociations organisées à Istanbul au printemps 2022, quelques semaines après le début de l'invasion russe à grande échelle.

À cette époque, les délégations russe et ukrainienne avaient discuté de propositions portant notamment sur la neutralité de l'Ukraine, les garanties internationales de sécurité et les conditions d'un éventuel règlement du conflit.

Toutefois, ces discussions n'avaient pas abouti à la signature d'un traité de paix définitif.

Les raisons de leur échec restent débattues. Elles comprennent notamment les divergences sur les garanties de sécurité, les questions territoriales et la poursuite des opérations militaires russes.

L'affirmation selon laquelle un accord définitif aurait été conclu puis empêché exclusivement par les dirigeants européens ou l'administration de Joe Biden ne correspond donc pas à un fait établi.

Aujourd'hui, la question centrale demeure celle des conditions nécessaires à une cessation durable des hostilités.

Pour Donald Trump, une réduction des attaques contre les installations pétrolières russes pourrait contribuer à stabiliser les marchés énergétiques et faciliter la reprise des négociations.

Pour Volodymyr Zelensky, une telle mesure ne peut être envisagée durablement sans engagement réciproque de Moscou et sans garanties de sécurité pour l'Ukraine.

La Russie, de son côté, poursuit ses opérations militaires tout en participant à des échanges diplomatiques avec Washington.

La crise entre Trump et Zelensky révèle ainsi un désaccord profond entre les priorités économiques américaines et les objectifs militaires ukrainiens.

Alors que Washington cherche à réduire les prix du diesel et à relancer les négociations avec Moscou, Kyiv insiste sur la nécessité de préserver ses moyens de défense et d'éviter tout accord susceptible de renforcer la capacité militaire russe.

L'évolution des discussions au cours des prochains jours sera déterminante pour savoir si les États-Unis, l'Ukraine et la Russie peuvent parvenir à un accord limité sur les infrastructures énergétiques, première étape éventuelle vers des négociations plus larges.

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