Canada–France : Ottawa ouvre la porte à un partenariat sur le gaz naturel liquéfié

Canada — France — Énergie NEW YORK, 21 septembre 2026 — Le rapprochement énergétique entre Ottawa et Paris pourrait désormais s’étendre au gaz naturel liquéfié canadien. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué, selon Reuters, qu’un partenariat avec la France reposant sur du GNL provenant de la côte Pacifique canadienne était envisageable. Cette ouverture intervient au lendemain de la rencontre entre Mark Carney et Emmanuel Macron, au cours de laquelle les deux dirigeants ont officiellement convenu de renforcer la coopération Canada–France en matière de sécurité énergétique.

Crédit photo : Page Facebook officielle d’Anita Anand
Crédit photo : Page Facebook officielle d’Anita Anand

La France parmi les partenaires potentiels du Canada

En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, Anita Anand a évoqué les possibilités de nouveaux partenariats énergétiques entre le Canada et des pays européens.

Selon les propos rapportés par Reuters, un partenariat reposant sur le GNL exporté depuis la côte Ouest canadienne pourrait notamment concerner la France.

À ce stade, il s’agit toutefois d’une possibilité évoquée publiquement et non de l’annonce d’un contrat commercial définitif.

Le Canada développe rapidement ses capacités d’exportation

La situation énergétique canadienne a considérablement évolué depuis l’entrée en service de nouvelles capacités d’exportation sur la côte Pacifique.

Ressources naturelles Canada indique qu’entre juin 2025 et août 2026, environ 130 méthaniers transportant du GNL canadien ont été expédiés vers l’Asie.

Ces cargaisons représentent environ 470 milliards de pieds cubes de gaz, soit 9,7 millions de tonnes de GNL. Le Canada exporte désormais près d’un million de tonnes métriques de GNL par mois vers l’Asie.

Ottawa estime également que les projets de GNL actuellement en développement sur la côte Ouest représentent plus de 100 milliards de dollars d’investissements potentiels.

Carney et Macron ont renforcé leur coopération énergétique

La déclaration rapportée d’Anita Anand intervient immédiatement après la rencontre entre Mark Carney et Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le 20 septembre, les deux dirigeants ont discuté des conséquences des conflits internationaux sur l’approvisionnement énergétique mondial et se sont officiellement entendus pour renforcer la coopération en matière de sécurité énergétique.

Le gouvernement canadien affirme vouloir développer simultanément son potentiel dans les énergies conventionnelles et les énergies propres.

La coopération économique entre les deux pays doit également s’intensifier. Carney et Macron ont notamment salué la création d’un partenariat entre la Chambre de commerce du Canada et CCI France destiné à approfondir les relations entre entreprises et à diversifier les échanges bilatéraux.

Une stratégie énergétique beaucoup plus large

Le GNL ne constitue qu’une partie de la stratégie canadienne.

Ottawa cherche à développer de nouveaux partenariats internationaux dans plusieurs secteurs énergétiques tout en augmentant la capacité du pays à exporter ses ressources vers différents marchés.

Cette politique s’inscrit dans la volonté plus générale du gouvernement Carney de diversifier les relations commerciales du Canada et de développer de nouveaux débouchés à l’extérieur de ses marchés traditionnels.

La France occupe une place importante dans cette stratégie. Avant même la rencontre du 20 septembre, le Cabinet du premier ministre avait annoncé que Carney et Macron discuteraient notamment d’énergie, de minéraux critiques, d’aérospatiale et de technologies avancées.

Aucun contrat Canada–France annoncé pour le moment

Une distinction demeure essentielle : aucun nouveau contrat d’approvisionnement en GNL entre le Canada et la France n’a été annoncé publiquement.

Aucun volume destiné à la France, aucun prix, aucun terminal français de réception et aucun calendrier de livraison n’ont été dévoilés.

L’ouverture exprimée par Anita Anand doit donc être comprise comme la possibilité d’un futur partenariat énergétique et non comme l’annonce de livraisons déjà convenues.

La prochaine étape consistera à déterminer si ce rapprochement politique débouchera sur des négociations commerciales concrètes entre gouvernements, producteurs, exportateurs et acheteurs européens.

Pour Ottawa, l’enjeu dépasse la seule relation avec la France : il s’agit de transformer les nouvelles capacités énergétiques canadiennes en accès durable à davantage de marchés internationaux.

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Par James Guilloux