Paraguay : Santiago Peña annonce sa démission après une crise bancaire majeure, le Parlement engage sa destitution

Le Paraguay traverse une crise politique et financière sans précédent récent. Le président Santiago Peña a annoncé sa démission jeudi 5 novembre, sous la pression de manifestations populaires et d'une procédure de destitution parlementaire. À l'origine de cette crise : l'effondrement de Ueno Bank, un établissement bancaire dont la fermeture a provoqué le gel des économies de millions de clients.
Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.
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Une crise bancaire qui provoque la colère populaire

La situation s'est aggravée lorsque la Banque centrale du Paraguay a annoncé, le 3 novembre, une procédure de résolution visant Ueno Bank, après avoir constaté une grave détérioration de sa solvabilité.

L'établissement comptait environ 2,9 millions de clients, dont de nombreux particuliers, retraités et travailleurs.

L'impossibilité d'accéder à leurs économies a déclenché une vague de manifestations dans la capitale, Asunción. Des milliers de citoyens réclament des explications, le remboursement de leurs dépôts et des sanctions contre les éventuels responsables.

La crise soulève également des interrogations sur les centaines de millions de dollars de fonds publics placés dans cette banque.

Santiago Peña annonce son départ

Face à une contestation grandissante et à la perte du soutien d'une partie de son propre parti, Santiago Peña a annoncé sa démission dans une déclaration vidéo.

Le chef de l'État a expliqué vouloir préserver la stabilité du pays, la paix sociale et le fonctionnement des institutions démocratiques.

Arrivé au pouvoir en août 2023, il devait normalement rester président jusqu'en 2028.

Son ancienne participation financière dans un groupe lié à Ueno Bank alimente les accusations de conflits d'intérêts. Toutefois, aucune responsabilité pénale personnelle ne peut être considérée comme établie à ce stade.

Le Parlement vote sa mise en accusation

Malgré cette annonce, la Chambre des députés a approuvé à l'unanimité des 78 parlementaires présents une procédure de destitution contre Santiago Peña.

Les accusations portent notamment sur de possibles manquements dans la surveillance bancaire et la gestion de ressources publiques.

La démission présidentielle n'a toutefois pas encore reçu l'approbation définitive du Congrès, laissant subsister une incertitude institutionnelle.

Plusieurs parlementaires souhaitent poursuivre la procédure afin que les responsabilités politiques puissent être examinées.

Qui pourrait remplacer le président ?

En cas de départ officiellement confirmé, le vice-président Pedro Alliana est appelé à assurer la succession constitutionnelle.

Parallèlement, des enquêtes judiciaires visent plusieurs responsables de Ueno Bank, tandis que les autorités financières doivent organiser la protection et la restitution des dépôts conformément à la législation.

Un pays dans l'attente de décisions décisives

Au-delà du sort de Santiago Peña, cette crise pose une question essentielle : comment rétablir la confiance des citoyens dans les institutions financières et politiques du Paraguay ?

La priorité demeure la protection des épargnants, la clarification des responsabilités et la stabilité de l'État.

Alors que les manifestations se poursuivent et que le Parlement examine les prochaines étapes, le Paraguay entre dans une période d'incertitude dont les conséquences pourraient marquer durablement son avenir politique et économique.

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