Trump se tourne vers le Bélarus pour la potasse alors que Carney accélère la diversification commerciale du Canada

Commerce international — Canada–États-Unis WASHINGTON, 21 septembre 2026 — La confrontation commerciale entre Ottawa et Washington prend une nouvelle dimension. Donald Trump affirme que les États-Unis travaillent à un important accord pour acheter de la potasse au Bélarus à un prix inférieur à celui actuellement payé au Canada. Cette initiative survient au moment où le gouvernement de Mark Carney intensifie lui-même ses efforts pour réduire la dépendance commerciale canadienne envers le marché américain et développer davantage les échanges avec l’Europe et d’autres partenaires.

Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.
Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.

Trump veut acheter de la potasse au Bélarus

La potasse devient un nouveau dossier sensible dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Donald Trump a déclaré lundi que son administration travaillait à la conclusion d’un accord majeur concernant l’achat de potasse provenant du Bélarus.

Selon le président américain, le prix envisagé serait « substantiellement inférieur » à celui actuellement payé au Canada. Trump présente cette initiative comme une façon de réduire les coûts pour les agriculteurs et les éleveurs américains.

Le développement est particulièrement important pour le Canada, un acteur majeur de l’industrie mondiale de la potasse et un fournisseur essentiel du marché américain.

Des investisseurs ont d’ailleurs réagi à l’annonce : le titre de Nutrien, important producteur canadien de potasse, a reculé après les déclarations de Trump.

Un projet important, mais dont plusieurs détails restent inconnus

Les déclarations de Trump ne signifient pas encore qu’un accord commercial définitif et pleinement détaillé est en vigueur.

Les informations disponibles indiquent que Washington travaille sur une entente avec le Bélarus. Les modalités précises, notamment les volumes de potasse concernés, la durée d’un éventuel contrat et son prix final, n’ont pas encore été rendues publiques.

Il serait donc prématuré de conclure que la potasse bélarusse remplacera entièrement les approvisionnements canadiens.

L’annonce montre néanmoins que Washington explore une source supplémentaire d’approvisionnement dans un secteur où le Canada occupe une position importante.

Washington resserre parallèlement ses règles concernant le Canada

Cette annonce intervient dans un climat commercial déjà particulièrement tendu.

Le 16 septembre, Donald Trump a signé un mémorandum ordonnant à son administration d’identifier les produits d’origine canadienne utilisés dans les marchés publics civils fédéraux américains et de prendre, lorsque la loi le permet, des mesures afin de les retirer ou de les rendre indisponibles à l’achat.

La Maison-Blanche présente cette décision comme une réponse à la politique canadienne favorisant les produits nationaux dans certains marchés publics.

De nouvelles restrictions prévues pour le 29 septembre

La prochaine date importante dans le conflit commercial sera le 29 septembre 2026.

Des proclamations signées par Trump le 8 septembre prévoient l’exclusion du marché américain de certaines catégories précises de produits canadiens dans les secteurs des boissons alcoolisées, des produits laitiers et de l’automobile.

Ces restrictions doivent entrer en vigueur à 0 h 01, heure de l’Est, le 29 septembre.

Il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’une interdiction générale de tous les produits canadiens appartenant à ces secteurs. Les mesures visent les produits définis dans les annexes des proclamations américaines.

Carney développe parallèlement de nouveaux marchés

Pendant que Washington cherche des solutions de remplacement pour certains approvisionnements canadiens, Ottawa poursuit sa propre stratégie de diversification.

Le gouvernement de Mark Carney intensifie ses démarches auprès de l’Europe et d’autres partenaires internationaux afin d’offrir davantage de débouchés aux entreprises canadiennes.

Associated Press rapporte que les tensions économiques avec l’administration Trump ont contribué à accélérer ce changement de stratégie. Carney cherche notamment à approfondir considérablement les relations commerciales et stratégiques entre le Canada et l’Union européenne.

Cette politique ne signifie pas que le Canada abandonne le marché américain. Les économies canadienne et américaine demeurent profondément intégrées.

L’objectif affiché par Ottawa est plutôt de réduire la vulnérabilité du pays à une dépendance excessive envers un seul partenaire commercial.

Deux voisins qui cherchent désormais davantage d’alternatives

Les développements des dernières semaines illustrent une transformation de la relation économique nord-américaine.

D’un côté, le Canada cherche à développer davantage ses échanges avec l’Europe et d’autres marchés internationaux.

De l’autre, l’administration Trump explore de nouvelles sources d’approvisionnement pour certains produits traditionnellement achetés au Canada, la potasse constituant désormais un exemple particulièrement important.

La portée réelle du projet américain avec le Bélarus dépendra cependant des conditions d’un éventuel accord et des volumes qui pourraient effectivement être livrés aux États-Unis.

Pour le Canada, les prochains jours seront également importants avec l’entrée en vigueur prévue, le 29 septembre, de nouvelles restrictions américaines visant certaines importations canadiennes.

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Par James Guilloux