ONU : Pedro Sánchez réclame la fin du veto au Conseil de sécurité et une femme à la tête des Nations Unies

International — Nations Unies | Espagne | Diplomatie NEW YORK, 23 septembre 2026 — Le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a placé la réforme du système multilatéral au centre de sa séquence diplomatique à New York. Le dirigeant espagnol défend notamment une transformation du Conseil de sécurité, une représentation internationale plus équilibrée, l’arrivée pour la première fois d’une femme à la tête de l’ONU et un encadrement international plus important de l’intelligence artificielle.

Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.
Illustration générée par intelligence artificielle pour Gux TV.

Sánchez veut transformer le fonctionnement du Conseil de sécurité

Pour le gouvernement espagnol, l’architecture internationale héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale ne correspond plus suffisamment aux réalités géopolitiques du XXIe siècle.

Pedro Sánchez défend depuis plusieurs mois un Conseil de sécurité plus représentatif ainsi qu’un système international dans lequel davantage de régions disposent d’une véritable capacité d’influence.

Il s’est également prononcé en faveur d’une démocratisation des mécanismes de décision internationaux. Lors d’un discours prononcé en avril, il avait déjà appelé à renforcer l’Assemblée générale et à rendre le Conseil de sécurité plus représentatif.

La question du droit de veto est particulièrement sensible puisque les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité, disposent actuellement de ce pouvoir.

Une femme pour succéder à António Guterres

Sánchez souhaite également voir une femme accéder pour la première fois au poste de secrétaire générale des Nations Unies.

Depuis la création de l’organisation en 1945, aucune femme n’a dirigé l’ONU.

Le dirigeant espagnol avait déjà défendu publiquement cette position en juin, estimant que le leadership international devait davantage ressembler au monde qu’il représente.

La succession d’António Guterres constitue désormais un dossier diplomatique majeur puisque son deuxième mandat arrive à son terme à la fin de 2026.

Sánchez a également exprimé une préférence pour une candidature féminine provenant d’Amérique latine, dans le contexte des discussions internationales sur la prochaine direction de l’organisation.

L’intelligence artificielle au cœur des préoccupations espagnoles

La transformation technologique constitue un autre axe important de la diplomatie défendue par Madrid.

Sánchez estime que l’intelligence artificielle nécessite des règles capables de protéger les citoyens tout en permettant l’innovation.

À New York, le 22 septembre, il a notamment participé à un dialogue de haut niveau consacré à la protection des enfants face à l’intelligence artificielle. Il y a défendu la nécessité d’agir avant que les capacités technologiques ne dépassent celles des gouvernements à les encadrer.

Les Nations Unies elles-mêmes ont placé la gouvernance de l’IA parmi les grands défis de cette session, appelant à des garde-fous fiables fondés sur les connaissances scientifiques et à une coopération entre gouvernements, entreprises et société civile.

Madrid maintient son opposition à l’objectif de 5 % pour la défense

Sur les questions militaires, Pedro Sánchez maintient également une position déjà exprimée à plusieurs reprises : l’Espagne ne veut pas consacrer 5 % de son PIB aux dépenses de défense.

Le chef du gouvernement espagnol affirme avoir défendu cette position auprès de ses partenaires de l’OTAN et des États-Unis.

Madrid soutient qu’une conception plus large de la sécurité doit également prendre en compte la coopération internationale, le développement économique, la lutte contre les inégalités et la prévention des crises.

Ukraine, Gaza et Moyen-Orient

Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient occupent également une place importante dans les consultations espagnoles aux Nations Unies.

Lors de sa rencontre avec António Guterres le 22 septembre, Sánchez a défendu le rôle central de l’ONU comme espace de dialogue et de coopération internationale.

La Moncloa indique que les deux responsables ont notamment abordé les guerres en Ukraine, à Gaza et au Moyen-Orient, ainsi que la nécessité de poursuivre les efforts internationaux sur le climat et les objectifs de développement durable.

Le développement plutôt que le seul réarmement

Sánchez utilise également sa présence à New York pour défendre davantage de ressources en faveur du développement international.

Lors d’une intervention consacrée au financement du développement, il a appelé les gouvernements occidentaux à ne pas concentrer leurs priorités uniquement sur le réarmement.

Il a notamment défendu davantage de coopération économique avec les pays d’origine et de transit dans le domaine migratoire.

La crise de Ceuta reste présente dans la politique espagnole

La politique migratoire espagnole intervient dans un contexte particulier après la grave crise survenue à Ceuta durant l’été 2026.

Le gouvernement espagnol affirme que d’importants groupes de migrants avaient tenté de franchir la frontière à partir du 30 juillet, conduisant les autorités à mobiliser des moyens supplémentaires.

Le 25 août, Madrid a déclaré une situation d’intérêt pour la sécurité nationale, permettant de renforcer la coordination entre les administrations. Le gouvernement a ensuite annoncé plusieurs mesures supplémentaires pour Ceuta.

L’Espagne veut renforcer le multilatéralisme

L’ensemble de cette séquence diplomatique traduit une orientation défendue par Madrid : plutôt que d’affaiblir les organisations internationales face aux tensions géopolitiques, l’Espagne souhaite les transformer et renforcer leur capacité d’action.

Pour Sánchez, cela passe notamment par une meilleure représentation des différentes régions du monde, une gouvernance internationale adaptée aux nouvelles technologies et une réforme des institutions créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Sa rencontre avec António Guterres à New York s’est inscrite directement dans cette approche, le gouvernement espagnol réaffirmant son soutien au rôle de l’ONU comme principal espace mondial de dialogue et de coopération.

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Par James Guilloux