ONU : l’Ouzbékistan vise un siège au Conseil de sécurité et affiche de nouvelles ambitions internationales
International — Nations Unies | Ouzbékistan | Asie centrale NEW YORK, 23 septembre 2026 — L’Ouzbékistan veut accroître son poids diplomatique et économique sur la scène internationale. À New York, Saida Mirziyoyeva, cheffe de l’Administration présidentielle, dirige la délégation ouzbèke participant à la 81e Assemblée générale des Nations Unies, dans un contexte où Tachkent multiplie les initiatives pour renforcer sa coopération avec l’ONU, attirer davantage d’investissements étrangers et accélérer sa transition énergétique.

Saida Mirziyoyeva à la tête de la délégation ouzbèke
La présence de Saida Mirziyoyeva constitue une séquence diplomatique importante pour Tachkent.
Les sources ouzbèkes consultées confirment qu’elle dirige la délégation nationale à la 81e Assemblée générale. Elle devait également représenter son pays au débat général le 23 septembre.
Avant cette intervention, Mirziyoyeva a rencontré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le 22 septembre à New York.
Selon les informations communiquées côté ouzbek, les discussions ont porté sur les principaux domaines de coopération entre l’Ouzbékistan et les Nations Unies. Le portefeuille commun comprend actuellement 166 projets, notamment dans la santé, l’éducation, la réduction de la pauvreté et la durabilité environnementale, pour une valeur annoncée de 293 millions de dollars américains.
Tachkent veut accroître sa présence dans les institutions internationales
Parmi les ambitions internationales attribuées à l’Ouzbékistan figure une candidature à un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2035-2036.
Une telle candidature constituerait une étape importante dans la stratégie de Tachkent visant à accroître son influence diplomatique.
Le Conseil de sécurité compte 15 membres : cinq permanents et dix non permanents élus par l’Assemblée générale pour des mandats de deux ans.
Une candidature ne garantit donc pas l’obtention d’un siège. L’Ouzbékistan devrait obtenir le soutien nécessaire lors de l’élection organisée à l’Assemblée générale.
Au moment de cette publication, Gux TV attend toutefois la transcription officielle de l’intervention ouzbèke du 23 septembre avant de présenter cette candidature comme une nouvelle annonce formellement faite à la tribune de l’ONU.
La présidence du Mouvement des non-alignés également mise de l’avant
Tachkent affiche également l’ambition de jouer un rôle accru au sein du Mouvement des non-alignés.
L’Ouzbékistan est présenté comme devant assumer la présidence du Mouvement en 2027, une responsabilité qui pourrait renforcer sa visibilité auprès d’un vaste groupe d’États d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique latine et des Caraïbes.
Historiquement, le Mouvement des non-alignés a cherché à préserver l’autonomie politique de ses membres face aux grands blocs de puissance.
Pour l’Ouzbékistan, cette orientation correspond également à une politique étrangère qui cherche à développer simultanément les relations avec différentes puissances et organisations internationales.
Là encore, Gux TV attend le texte officiel du discours du 23 septembre pour déterminer précisément la manière dont cette question a été présentée par Saida Mirziyoyeva.
Un objectif confirmé : 54 % d’énergie verte d’ici 2030
Sur le volet énergétique, les objectifs de Tachkent sont beaucoup mieux documentés.
Le gouvernement ouzbek prévoit de porter à 54 % d’ici 2030 la part de l’énergie verte dans la production électrique nationale. Cet objectif avait déjà été annoncé avant l’Assemblée générale et ne constitue donc pas une politique dévoilée pour la première fois à New York.
L’Ouzbékistan connaît une transformation rapide de son secteur énergétique.
Les autorités avaient indiqué que plus de 50 grands projets, représentant environ 24 gigawatts de capacité et plus de 26 milliards de dollars d’investissements, étaient en cours avec des partenaires étrangers.
Le gouvernement prévoit par ailleurs l'ajout de plus de 17 000 mégawatts de capacités renouvelables supplémentaires d’ici 2030.
L’énergie solaire et éolienne occupe une place croissante dans cette stratégie.
Tachkent veut devenir un centre financier régional
L’autre transformation majeure concerne le secteur financier.
L’Ouzbékistan développe actuellement le Tashkent International Financial Centre, ou Centre financier international de Tachkent.
Une loi constitutionnelle adoptée en juillet 2026 lui accorde un régime juridique particulier destiné à renforcer la protection des investisseurs et à attirer des banques, des fonds d’investissement et d’autres institutions financières internationales.
Le projet prévoit également la création d’un tribunal commercial international indépendant chargé de certains différends relevant du centre.
Le système juridique du centre doit notamment s’appuyer sur les principes de la common law anglaise et de l’equity, tandis que l’anglais doit devenir sa langue officielle.
Le centre devrait commencer ses activités en 2027.
Saida Mirziyoyeva directement impliquée dans le projet financier
Cette réforme présente un lien direct avec la représentante ouzbèke actuellement à New York.
Saida Mirziyoyeva a récemment été nommée à la direction du Centre financier international de Tachkent, parallèlement à ses responsabilités à la tête de l’Administration présidentielle.
Elle doit notamment coordonner son développement et représenter le centre auprès des investisseurs, des partenaires étrangers et des organisations internationales.
Tachkent espère ainsi renforcer la confiance des investisseurs et faire de la capitale un pôle financier capable de concurrencer d’autres centres régionaux.
L’Ouzbékistan cherche à transformer son économie en influence diplomatique
La stratégie internationale de Tachkent dépasse donc largement la seule Assemblée générale.
D’un côté, l’Ouzbékistan cherche à accroître sa présence dans les institutions multilatérales et à renforcer sa coopération avec l’ONU.
De l’autre, le pays accélère sa transformation économique avec des investissements massifs dans les énergies renouvelables, un nouveau centre financier international et un système juridique spécialisé destiné aux investisseurs étrangers.
Cette combinaison illustre une stratégie plus large : utiliser la croissance économique, la transition énergétique et l’ouverture internationale pour donner davantage de poids à l’Ouzbékistan en Asie centrale et dans les institutions mondiales.
Plusieurs annonces du discours restent à confirmer officiellement
Des informations circulant autour de l’intervention ouzbèke font également état d’un prochain dialogue de haut niveau avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) sur la démographie et le capital humain, ainsi que d’une rencontre internationale consacrée au bien-être des enfants à Samarcande en octobre.
Gux TV ne présente toutefois pas encore ces éléments comme des annonces définitivement confirmées du discours du 23 septembre.
La page de l’ONU consacrée à la séance du 23 septembre indiquait encore que la transcription était en attente de traitement au moment de notre vérification.
La publication du texte officiel permettra notamment de confirmer précisément les annonces concernant le Conseil de sécurité, le Mouvement des non-alignés, la démographie et la rencontre de Samarcande.
Une chose est déjà claire : l’Ouzbékistan cherche à donner une dimension internationale beaucoup plus importante à sa transformation économique et diplomatique.
Gux TV — Nations Unies | Ouzbékistan | International
Par James Guilloux
Sources : Nations Unies, Pré
