Défense : le Canada avance vers l’achat de six avions GlobalEye de Saab pour surveiller l’Arctique

Le Canada vise six GlobalEye Le gouvernement canadien confirme désormais clairement son intention : dans le cadre des négociations en cours, Ottawa prévoit l’acquisition de six avions GlobalEye, accompagnés des systèmes et de la formation nécessaires à leur utilisation par l’Aviation royale canadienne. Canada Cette annonce constitue une avancée importante, mais elle ne signifie pas que les six appareils ont déjà été commandés. L’entente conclue le 25 septembre est une entente préliminaire non contraignante. Elle ne constitue ni un contrat d’achat définitif ni un engagement juridique du Canada à acheter les avions. Canada Elle établit plutôt le cadre des prochaines négociations entre Saab, l’Agence de l’investissement pour la défense et l’Aviation royale canadienne. Ces discussions porteront notamment sur la configuration canadienne du système, la participation de l’industrie nationale, le développement des capacités et l’exécution du programme. Start Saab avait déjà été choisi comme fournisseur privilégié Cette nouvelle étape intervient près de quatre mois après une première décision majeure. Le 27 mai 2026, Ottawa avait annoncé avoir retenu Saab comme fournisseur privilégié pour la future capacité canadienne de détection avancée et de contrôle aéroportés, connue sous l’acronyme AEW&C. Canada À l’époque, le gouvernement avait toutefois précisé que cette sélection ne constituait pas encore une décision d’achat. L’entente du 25 septembre fait donc passer le dossier à une étape plus avancée, sans pour autant constituer la signature du contrat final. Combien coûteront les six GlobalEye ? C’est l’une des principales questions qui demeure sans réponse définitive. Ottawa n’a pas encore annoncé le prix négocié des six appareils. Une estimation de plus de 5 milliards de dollars canadiens a été rapportée pour le projet canadien, mais le coût définitif dépendra des négociations et de ce qui sera inclus dans le contrat : avions, systèmes de mission, infrastructures, formation, soutien, intégration et autres équipements. Defense News Il serait donc prématuré de présenter 5 milliards de dollars comme le prix final payé par Ottawa. La France a payé 12,3 milliards de couronnes suédoises pour deux appareils Les contrats conclus par d’autres pays donnent néanmoins une idée de l’ampleur financière de ce type de programme. Le 30 décembre 2025, la France a commandé deux GlobalEye pour environ 12,3 milliards de couronnes suédoises. Le contrat français comprend les deux appareils, mais également de l’équipement au sol, de la formation et du soutien. Les livraisons doivent avoir lieu entre 2029 et 2032, avec une option permettant à Paris d’acquérir deux appareils supplémentaires. Start Autre comparaison : le 27 juillet 2026, Saab a annoncé une commande de deux GlobalEye pour 10,1 milliards de couronnes suédoises, provenant d’un client du Moyen-Orient dont l’identité n’a pas été rendue publique. Les livraisons sont prévues en 2030. Start Ces montants ne permettent toutefois pas de calculer directement le prix des six appareils canadiens, car la configuration et les services inclus varient d’un contrat à l’autre. Un centre de commandement volant Le GlobalEye est beaucoup plus qu’un simple avion de surveillance. Il appartient à la catégorie des systèmes AEW&C — Airborne Early Warning and Control, c’est-à-dire des plateformes aéroportées de détection avancée, de commandement et de contrôle. Saab explique que le système combine différents capteurs actifs et passifs capables de détecter et d’identifier à longue distance des objets dans les airs, en mer et au sol. Start Dans la configuration envisagée pour le Canada, Ottawa affirme que les appareils permettront notamment de détecter, suivre et hiérarchiser des menaces comme des avions, des missiles et des drones. Canada Les informations peuvent ensuite être transmises en temps réel aux commandants militaires. Le GlobalEye agit ainsi comme un véritable centre de surveillance, de commandement et de contrôle dans le ciel. L’Arctique au cœur de la stratégie canadienne Pour Ottawa, l’une des principales raisons de se doter de cette capacité est l’immensité du territoire canadien. Le GlobalEye doit permettre à l’Aviation royale canadienne d'améliorer la surveillance des approches du pays, particulièrement dans l’Arctique et les régions éloignées. Le gouvernement estime également que cette capacité renforcera la participation du Canada à la modernisation du NORAD et à la défense continentale nord-américaine. Canada Le système pourrait également faciliter les opérations conjointes avec les partenaires de l’OTAN et d’autres alliés. Une technologie suédoise construite autour d’un avion canadien Le projet possède également une dimension industrielle particulièrement importante pour le Canada. Le GlobalEye repose sur le Bombardier Global 6500, une plateforme aéronautique fabriquée au Canada. Saab transforme ensuite l’appareil en plateforme militaire spécialisée en intégrant les radars, capteurs, systèmes électroniques et technologies de commandement nécessaires à ses missions. Lors de son annonce du 27 mai, le premier ministre Mark Carney avait souligné que cette combinaison devait permettre au Canada de récupérer une partie importante des retombées économiques associées au programme. Gouvernement du Canada Plus de 3 000 emplois évoqués au Canada Le gouvernement estime que le projet pourrait soutenir plus de 3 000 emplois dans le secteur aérospatial canadien, notamment dans les métiers spécialisés, l’ingénierie et les technologies avancées. Gouvernement du Canada Mais Ottawa voit beaucoup plus loin que les six appareils destinés à ses propres forces armées. Carney avait déclaré en mai qu’au moins un tiers de la flotte de GlobalEye prévue au cours des 15 prochaines années pourrait être produit au Canada. Selon le scénario présenté par le gouvernement, cela représenterait au moins 40 appareils, en incluant de futures commandes provenant de pays alliés. Gouvernement du Canada Il faut cependant distinguer cette projection industrielle d’un carnet de commandes ferme : ces 40 appareils ne représentent pas 40 avions déjà commandés au Canada. Ottawa veut faire du Canada un maillon de la chaîne mondiale GlobalEye L’objectif industriel dépasse donc l’achat des six appareils canadiens. Le gouvernement indique travailler avec Saab afin de maximiser les retombées nationales dans plusieurs domaines : transformation des avions, soutien en service, formation, recherche et développement, participation des fournisseurs canadiens et futures exportations de GlobalEye construits au Canada. Canada Cette stratégie pourrait permettre à des entreprises canadiennes de s’insérer durablement dans la chaîne internationale d’approvisionnement du programme. Le GlobalEye attire déjà plusieurs clients et partenaires internationaux. Ottawa cite notamment l’OTAN, la Suède, la France, les Pays-Bas et les Émirats arabes unis parmi les pays ou organisations ayant sélectionné le GlobalEye ou ayant l’intention de le faire. Canada Le contrat définitif reste à négocier Malgré l’annonce du 25 septembre, le dossier n’est donc pas terminé. Le Canada et Saab doivent encore négocier plusieurs éléments déterminants, notamment le prix final, la configuration canadienne, la participation industrielle, le calendrier d’exécution ainsi que les systèmes et services qui accompagneront les appareils. Start Saab et Ottawa insistent d’ailleurs sur ce point : aucune commande ferme n’a encore été conclue. Un programme majeur pour la défense canadienne Si les négociations aboutissent à un contrat définitif, les six GlobalEye donneraient au Canada une nouvelle capacité aéroportée de surveillance et de commandement à longue portée. Le projet poursuit simultanément plusieurs objectifs : améliorer la détection des menaces dans l’Arctique, renforcer la contribution canadienne au NORAD, accroître l’interopérabilité avec les alliés et développer davantage l’industrie aérospatiale et de défense au Canada. Canada La prochaine étape décisive sera donc la conclusion éventuelle du contrat. C’est à ce moment que devraient être précisés le coût définitif des six GlobalEye, leur calendrier de livraison et l’ampleur exacte des retombées industrielles promises au Canada. Gux TV — Actualités Canada | Défense | Arctique Par James Guilloux
