Canada–Union européenne : Carney veut permettre aux jeunes de vivre, travailler et étudier des deux côtés de l’Atlantique
STRASBOURG, France — Le Canada souhaite franchir une nouvelle étape majeure dans son rapprochement avec l’Union européenne. Devant le Parlement européen, le 17 septembre 2026, le premier ministre Mark Carney a proposé d’approfondir considérablement la mobilité entre le Canada et l’Europe, avec l’ambition de permettre aux jeunes Canadiens et Européens de vivre, travailler et étudier plus facilement de part et d’autre de l’Atlantique. Cette proposition s’inscrit dans un projet beaucoup plus vaste visant à construire une nouvelle « Alliance pour l’avenir » entre le Canada et l’Union européenne.

Une nouvelle ambition pour la mobilité Canada–Europe
Dans son discours prononcé à Strasbourg, Mark Carney a présenté plusieurs éléments qu’Ottawa souhaite intégrer à un futur partenariat beaucoup plus étroit avec l’Union européenne.
Parmi ceux-ci figure directement la mobilité des jeunes.
Le premier ministre a déclaré que le Canada et l’Europe devraient approfondir leurs liens entre les populations afin de permettre aux jeunes de « vivre, travailler et étudier » plus facilement d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique.
Cette orientation pourrait représenter une évolution importante des relations entre le Canada et l’Union européenne. Le rapprochement envisagé ne concernerait donc plus uniquement le commerce, la défense et les investissements : Ottawa souhaite également faciliter les échanges entre les populations canadienne et européenne.
Pour de nombreux jeunes, cela pourrait éventuellement se traduire par de nouvelles possibilités en matière d’études, d’expérience professionnelle et de mobilité internationale. Les mécanismes précis restent toutefois à négocier.
Erasmus+ également dans le projet canadien
Mark Carney souhaite aussi renforcer la coopération dans le domaine de l’éducation.
Le premier ministre a notamment proposé une participation canadienne au programme européen Erasmus+, l’un des principaux programmes de l’Union européenne consacrés à l’éducation, à la formation et à la mobilité internationale.
Une participation plus poussée du Canada pourrait permettre de multiplier les échanges entre établissements canadiens et européens et d’offrir davantage de possibilités aux étudiants souhaitant effectuer une partie de leurs études de l’autre côté de l’Atlantique.
Carney souhaite également approfondir la participation canadienne aux programmes européens de recherche, notamment dans le cadre de Horizon Europe et de sa prochaine génération, afin de renforcer la collaboration entre chercheurs, universités, entreprises technologiques et institutions scientifiques.
Aucun nouveau droit automatique de travailler en Europe pour le moment
Une précision importante s’impose toutefois.
La déclaration de Mark Carney ne signifie pas que les citoyens canadiens peuvent désormais automatiquement s’installer ou travailler partout dans l’Union européenne.
Il s’agit d’une ambition politique destinée à être développée et négociée avec les partenaires européens.
À ce stade, aucun nouveau régime général découlant de cette proposition n’a été annoncé avec des critères précis concernant l’âge des participants, la durée des séjours, les permis de travail, les études ou les conditions d’admissibilité.
Les Canadiens doivent donc continuer à respecter les règles d’immigration et de travail actuellement applicables dans chacun des pays européens concernés.
Une « Alliance pour l’avenir » beaucoup plus vaste
La mobilité des jeunes ne constitue qu’une partie d’un projet beaucoup plus ambitieux présenté par Ottawa et Bruxelles.
Le Canada souhaite approfondir sa coopération avec l’Union européenne dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les minéraux critiques, la défense, l’intelligence artificielle, les capacités informatiques, l’énergie, l’espace, la recherche scientifique, les services financiers et le commerce numérique.
Cette nouvelle orientation doit s’appuyer sur les relations économiques déjà établies entre les deux partenaires, notamment grâce à l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, mieux connu sous le nom d’AECG ou CETA.
L’objectif affiché est désormais d’aller plus loin que le libre-échange traditionnel et de construire une relation stratégique couvrant davantage de secteurs.
Les minéraux critiques au cœur du rapprochement
Les minéraux critiques occupent une place importante dans cette nouvelle relation.
Le Canada dispose de ressources considérables utilisées notamment dans les batteries, les véhicules électriques, les technologies numériques, les infrastructures énergétiques et certaines applications liées à la défense.
Pour l’Europe, la diversification des sources d’approvisionnement représente un enjeu stratégique.
Ottawa cherche de son côté à attirer davantage d’investissements et de capacités de transformation afin qu’une plus grande partie de la chaîne de valeur puisse être développée au Canada et avec des partenaires européens.
Intelligence artificielle, énergie et nouvelles technologies
L’intelligence artificielle constitue également l’un des principaux domaines envisagés pour approfondir la coopération.
Le Canada et l’Union européenne souhaitent renforcer leurs échanges dans les technologies avancées, la puissance informatique, la recherche et l’élaboration de normes.
L’énergie constitue un autre volet important. Le Canada possède d’importantes ressources énergétiques tandis que plusieurs pays européens cherchent à diversifier leurs approvisionnements et à accélérer leur transition vers des sources d’énergie moins carbonées.
Le rapprochement pourrait également toucher le quantique, l’espace, la cybersécurité et les infrastructures numériques.
Ursula von der Leyen évoque un Canada « membre associé »
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également évoqué une idée particulièrement inhabituelle : faire du Canada un éventuel premier « membre associé » de l’Union européenne dans le cadre de cette nouvelle relation.
Cette expression ne signifie toutefois pas que le Canada deviendrait automatiquement membre de l’Union européenne au même titre que la France, l’Allemagne, l’Italie ou les autres États membres.
Les contours juridiques et politiques d’un éventuel statut de « membre associé » restent à définir.
Il faudra donc attendre les négociations entre Ottawa et Bruxelles pour savoir exactement quels droits, obligations et domaines de coopération pourraient être associés à une telle formule.
Une relation qui pourrait dépasser largement le commerce
Le projet présenté en Europe montre surtout que le Canada et l’Union européenne envisagent désormais leur relation sous un angle beaucoup plus large.
Commerce, défense, énergie, intelligence artificielle, recherche, minéraux critiques et mobilité pourraient progressivement être regroupés au sein d’un partenariat stratégique renforcé.
Pour Ottawa, cette stratégie permettrait également de diversifier davantage les relations économiques et internationales du Canada, alors que les États-Unis demeurent de très loin son principal partenaire commercial.
L’Europe cherche parallèlement à développer des partenariats plus solides avec des pays disposant de ressources naturelles, de capacités technologiques et d’institutions économiques développées.
Des négociations particulièrement importantes pour les jeunes
Pour les jeunes Canadiens souhaitant étudier, travailler ou acquérir une expérience professionnelle en Europe, le volet consacré à la mobilité sera donc particulièrement important à surveiller.
Si les négociations débouchent sur de nouveaux accords, elles pourraient éventuellement faciliter certaines démarches actuellement nécessaires pour étudier ou travailler de l’autre côté de l’Atlantique.
Mais la distinction reste fondamentale :
Mark Carney a présenté une ambition politique et un cadre de coopération. Il n’a pas annoncé l’entrée en vigueur immédiate d’un nouveau droit permettant aux Canadiens de vivre et de travailler librement partout dans l’Union européenne.
Les prochaines discussions devront déterminer quels programmes seront réellement créés ou élargis, quelles catégories de personnes pourront en bénéficier et quelles conditions devront être respectées.
Gux TV suivra l’évolution des négociations entre le Canada et l’Union européenne, particulièrement sur la mobilité des jeunes, Erasmus+, la recherche, les minéraux critiques, l’intelligence artificielle et le projet de « membre associé », afin de présenter les mesures concrètes lorsqu’elles seront officiellement annoncées.
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